Débat: Etes-vous partant pour la Wii?
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La politique singulière de Nintendo pour cette nouvelle génération de machines monopolise le débat vidéoludique depuis de longs mois maintenant. Si on ne peut qu’applaudir la volonté du constructeur nippon de changé les habitudes du milieu (offrir aux développeurs plus de puissance pour parfaire graphismes, IA et immersion) en se concentrant sur la simplicité du gameplay et des concepts, il est somme toute très logique qu’une partie des joueurs rejète l’offre. Après tout, quand on voit que la redondance de certains concepts suffit souvent à contenter la majorité des acheteurs (franchises de sport notamment, où d’infimes maj annuelles permettent d’engranger des millions), on est forcé de constater à quel point le grand public est devenu conservateur. On pourra toujours reprocher à Nintendo de capitaliser sur ces héros maison, mais il faut admettre que bien souvent, ces figures emblématiques ne sont utilisées que pour établir un lien affectif avec le joueur, et le transporter dans un contexte imaginaire en s’affranchissant des limites du monde réel. Finalement, Mario c’est comme Homer Simpson ou San Goku: des millions de gens ont grandi avec ces personnages, qui ont été amené à s’adapter à leur époque pour survivre. Darwin aurait apprécié! Le fait est qu’il est bien plus simple de proposer des jeux réalistes qu’imaginaires: dans les premiers on connaît les limites, on les respecte, et de simples ajouts relancent l’intérêt. Dans les seconds, dès qu’un pas est franchi, le public s’attend à en voir encore plus la fois suivante. Une approche collant à la réalité ne demande
quedes connaissances mathématiques: après tout, une belle réalisation, une IA parfaitement maîtrisée, des modèles physiques, tout ça n’est que lignes de codes et calculs. Par contre, créer un monde sorti de son esprit demande un talent qui ne s’achète pas: l’inspiration! Et c’est sur ce terrain que Nintendo compte bien se battre avec la Wii. Bon nombre de joueurs occultes ce fait: Nintendo ne fait que du JEU vidéo, dans le sens premier du terme! Shigeru Miyamoto n’a jamais perdu de vue cette idée lorsqu’il a imaginé la Wii. Il a voulu une machine novatrice sur laquelle s’exprimer en tant que créateur, et fidèle à la philosophie des débuts: fun et convivialité.
Certes, l’apologie de la nostalgie est un jeu dangereux: on ne compte plus les softs mettant en scène Mario, Zelda, Pikachu ou Samus. Cela étant, deux points sont à considérer : d’une part, c’est là le revers de la longévité. Le public continue depuis 25 ans à solliciter ces mascottes, alors pourquoi s’arrêter? On ne dis pas à Bic d’arrêter les stylos, ou à TF1 de faire de bons programmes! Ensuite, force est de constater que Nintendo tente de repousser la qualité de ses jeux à chaque génération, et d’explorer de nouvelles voies. Cela reste une affaire d’appréciation personnelle certes, mais l’innovation est toujours au rendez-vous. Et tout le monde ne peut en dire autant!
Nintendo n’est pas réputé pour se soucier des éditeurs-tiers, à juste titre : pourquoi s’intéresser aux voisins quand on sait que l’on s’auto suffi? Là encore, la politique du géant nippon semble remise en question. Pourtant – et c’est là le privilège des constructeurs de hardware – Nintendo a toujours conçu ses machines en fonction de l’évolution de ses franchises. Personne n’ignore que Miyamoto a créé les consoles pour coller à ses nouvelles versions de Zelda et Mario. Aujourd’hui, la donne a légèrement changé, dans la mesure où les consoles ont déjà atteint lors de la génération actuelle une puissance suffisante pour la plupart des développeurs. Le monde du jeu vidéo se plaint de l’augmentation des coûts de production, de la complexité des machines, des difficultés à rentabiliser un soft…et Nintendo a répondu à ces attentes.
Mais n’oublions pas l’essentiel : la Wiimote, sous son apparente simplicité, donne déjà du fil à retordre question programmation. On ne s’improvise pas du jour au lendemain spécialiste en captation temps-réel, et les récits parfois mitigés des chanceux ayant testé la Wii en sont une preuve flagrante. Alors bien sûr, la firme du plombier sait comment s’y prendre (c’est toujours plus simple quand on développe un jeu et le hardware au même endroit!), mais rien ne dit encore que les éditeurs-tiers vont pour leur part être au point dès le départ. Et dans le cas contraire, seront-ils assez patients pour y parvenir ? Il est évident que le succès global de la Wii va dépendre d’eux , et Nintendo a déjà fait un pas énorme en reportant Mario et Metroid, tout en s’offrant quelques noms prestigieux pour le jour J. Il reste qu’aujourd’hui la première étape s’annonce sous les meilleurs auspices: avec un nombre record de consoles prévues au lancement, des pré-commandes en masse et un buzz sans précédent, la formule semble en mesure de fonctionner…jusqu’en mars 2007?
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